Le portrait de Shakespeare peint sur le mur du fond.

« What is done is done. It cannot be undone. »

Nous ne pouvons pas défaire ce qui est fait, dé-mourir, désachever, dé-défaire. Malgré cela, la littérature, Shakespeare et la troupe du Soleil nous présentent une vie autre.

Pour les 50 ans du Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine propose sa version de la tragédie de William Shakespeare. Dans cette œuvre terriblement contemporaine se mêlent soif de pouvoir, prophétie, choix du mal, spirale infernale et folie pour former une œuvre sombre et puissante, mais à la fois terriblement contemporaine. Tragédie écrite au début du XVII siècle (1606), Macbeth est actuellement joué au théâtre du Soleil qui se trouve à la place d’une ancienne cartoucherie – théâtre fondé par Ariane Mnouchkine qui est présente à l’entrée avant chaque spectacle. La musique a été réalisé par Jean-Jacques Lemêtre, auteur et compositeur de ce théâtre, qui a voulu faire une pose en tant qu’interprète comme l’indiquait un mot a l’entrée, c’est donc la talentueuse Ya-Hui Liang, jeune musicienne taïwanaise, à qui il a transmis ses partitions qui a la charge de jouer au cours des représentations de Macbeth.

Le début de la pièce commence par une victoire, celle de l’Écosse, due en particulier au courageux général Macbeth, qui en rentrant rencontre trois sorcières qui lui prédisent qu’il deviendra sire de Crawdor puis roi. Quand à l’ami qui l’accompagnait, Banquo, elle lui disent qu’il sera le père d’une lignée de roi. Macbeth est très perturbé par cette prédiction, mais il l’est encore plus quand il s’avère que pour le récompenser, le roi Duncan lui donne le titre de sire de Crawdor, ce que les sorcières lui avaient prédis. Il parle de cette étrange entrevue à sa femme, qui le pousse à agir afin d’accéder au trône le plus vite possible. Ensemble ils commettent le meurtre du roi. Macbeth est donc couronné. A partir de ce moment, dévoré par son ambition, sa soif de pouvoir, il n’a plus un instant de répit. Il tombe dans un cycle meurtrier, en effet il est dévoré par l’angoisse de perdre le trône et tue son ancien compagnon qui a des doutes ainsi que tous les opposants. Sa femme, elle, sombre dans la folie, hantée par les souvenirs de l’assassinat de Duncan, et prise de remords et somnambulisme, elle ne cesse de vouloir effacer la tâche de sang dont ses mains sont recouvertes. Lady Macbeth fini par se suicider et son mari est tué.

Comment Ariane Mnouchkine met-elle en scène un spectre, la folie, les sorcières? Par quels moyens parvient-elle a moderniser cette pièce?

« Arrière ! Hors de ma vue ! Que la terre te cache !

Car tes os sont sans moelle, et ton sang est froid,

Et il n’y a pas de pensée dans ce regard

Que jettent sur moi tes yeux ! »

Acte III, scène 4

I. La scénographie : un changement pérpétuel

Nous pouvons affirmer que pour chaque scène le décor était différent. Le décor est un point très intéressant de la mise en scène. Et très original aussi. Car les rideaux restaient ouvert et on pouvait voir le changement s’effectuer. Un grand nombre d’acteurs rentraient alors sur scène pour reprendre les objets, chaises, tables, etc. de la scène ainsi que balayer si besoin et en remmenaient d’autres pour la suivante.

L’espace évolue donc continuellement, le décor est adapté à l’endroit où le scène se passe, bien évidemment, mais il a une signification aussi, un sens, rien n’est laissé au hasard. Par exemple je me rappelle du geste fort quand Lady Macbeth jette des pétales de roses rouges et par lesquelles passent Duncan, Banquo, ceux destinés à mourir. En effet on comprend assez facilement la métaphore de ces fleurs. Le rouge, la couleur de sang est comme une prédiction de ce qu’attende ces personnages.

Le geste est d’autant plus fort que c’est la femme de Macbeth, qui sera l’auteur de ces nombreux crimes mais dont elle sera la complice, les répand. C’est comme un flot de sang et l’annonce des assassinats à venir.

La scénographie a également permis à moderniser la pièce et en faire un spectacle contemporain. Nous pouvons citer, par exemple, le bunker dans lequel se cache Macbeth à la fin, peut-être un rapprochement avec la seconde guerre mondiale, car cela n’existait pas à l’époque de Shakeaspeare. C’est une chose qu’a ajouté Ariane Mnouchkine pour que la pièce nous paraisse plus proche et que nous puissions la transposer à notre époque. Dans la même registre nous pouvons aussi compter l’ordinateur qu’utilisent

les sorcières dans le but de pouvoir faire communiquer Macbeth avec « les maîtres ». Il s’agit ici plus d’un accessoire, mais je tenais à en parler, car c’était tout à fait inattendu cela a provoqué le rire dans la scène.

Lorsque Lady Macbeth reçoit la lettre de son époux qui lui conte les surprenantes prédictions des sorcières, elle se trouve dans son jardin, au abords du château, où elle jardine. (Nous pouvons entendre des chants d’oiseaux) on y sent la tranquillité, la beauté de la nature. Puis après qu’elle ai fini de lire la lettre à l’origine de tout leurs malheurs, le décors se met à changé, le vent se lève, la porte de la grille claque, les pots d fleurs tombent, elle invoque les forces du mal. Tout d’un coup on se retrouve plus dans un cadre plaisant mais comme dans l’enfer et cela grâce à la scénographie.

Comme autre exemple du choix intelligent et réfléchis d’Ariane Mnouchkine dans sa mise en scène nous pouvons citer, le chaudron dans lequel se baigne Lady Macbeth dans sa crise de somnambulisme, sa folie. Il fait clairement référence aux trois sorcières, à l’origine de leurs mœurs, et même la cause de ce carnage? Il n’est pas temps d’en retrancher.

On sent une différence entre l’espace qui tend à être plutôt un endroit où tout es à priori dans le « bon » par contraste à par exemple au garage où Macbeth

incite de pauvres gens à commettre le meurtre de Banquo et son fils. Il y fait sombre, et juste la voiture est dans un coin, faisant une lumière avec ses phares.

J’ai aimé la façons dont était représenté le meurtre de la famille de Macduff, un drap blanc était exposé face au public qui ne voit pas ce qui se passe derrière, mais on le devine aux cris stridents qui accompagne cette scène et aux tâches de sang sur les draps.

Le spectre de Banquo sort d’un endroit au sol, on peut supposer et cela m’a fait penser à l’enfer.

II. Le jeu des comédiens : l’évolution des comportements

Le jeu des comédiens, pour être tout à fait honnête je l’ai trouvé contrasté, mais c’est sans aucun doute lié à l’expérience des comédiens et finalement cette mixité ne m’a pas gênée plus que ça. J’ai particulièrement apprécié la prestation de Lady Macbeth, de plus que ce rôle est connu

comme le ou l’un des plus dure du théâtre.

Tout au long de la pièce on voit rien que par le jeu du comédien l’incarnant, la métamorphose de Macbeth. Nous notons que son visage et de plus en plus crispé, il regarde souvent le public avec des yeux de plus en plus vide. A la fin nous sentons bien que c’est un homme

qui ne craint même plus la mort et n’a plus d’empathie lorsque qu’il ne réagit pas à l’annonce de la mort de sa femme. On sent aussi son affolement, il ne s’est plus ce qu’il lui arrive, il sombre dans la folie et ne peux plus sortir du cercle vicieux des meurtres qu’il commet. On le sent désespéré.

Lorsqu’il est en habit militaire, vers la fin, couvert du sang qu’il a lui même fait couler, il est en détresse et perd le contrôle. Lady Macbeth, a un visage éperdu, nous avons vraiment l’impression qu’elle est là sans être là lorsqu’elle est somnambule, c’est très frappant.

Lady Macbeth est fatigué par sa vie, elle a les traits crispé en fin de pièce tandis qu’elle était pleine de vitalité pendant qu’elle jardinait dans son jardin au début. Elle semble plus vieille, ses traits se sont endurci. On voit que c’est une femme ferme mais lors de la scène avec les télévisions où elle et son mari se disent qu’il ne peuvent plus vivre comme ça elle est étalée sur le canapé.

J’ai aussi relevé le jeu de mime fait par les journalistes, ça provoqué l’effet qu’on avait comme un zoom sur les personnes autour desquelles l’action se passe. Les autres sont comme en arrière plan, nous les voyons sans les entendre.

Après sa mort, le personnage qui incarne Banquo a des mouvements terriblement lents quand il essaye de sortir de l’eau en s’accrochant à Macbeth pour s’asseoir à sa place au banquet, ce qui le rend encore plus effroyable.

La pièce commence dans l’allégresse et la joie, mais elle finie dans la folie, le mal et la douleur.

III. Les costumes : une richesse dans la pièce

Les costumes sont très nombreux et variés. Le plus marquant dans les costumes sont les masques que portent les sorcières. En effet nous pouvons nous demander pourquoi elles en portent au début et pas après. Mon interprétation serai la suivante : peut-être qu’elle voulaient cacher le mal deavant Macbeth qui les auraient fui, mais une fois qu’elles étaient sûre de le tenir entre leurs mains elle ne s’en souciaient guère plus.

Ce sont des masques grossiers, mais qui provoque la peur. La deuxième chose que je crois importante de dire est que Lady Macbeth à qui une de ses domestiques a présenté la tenue qu’elle voudrait portait au repas avec la cour, elle choisit non pas une robe. Cela montre peut-être une sorte de virilité, le fait qu’elle se place au même niveau que les hommes.

Les personnes qui venaient nettoyer et ramener le décors étaient aussi habillé en fonction de la scène. Dans la première partie c’étaient plutôt des gens du peuple, des femmes, des servantes, après elles se sont changées en habits tout de noir, couleur de la mort, encore une fois annonciatrice des meurtres à venir et du mal.

Pour chaque occasions les personnages qui ne parlaient pas étaient vêtis en fonction de l’occasion : pour la fête à la cour, les femmes en robes, les nobles en costards. Chaque personnage est habillé selon son rang social, le roi et ses fils en costumes coûteux. Encore une fois, par les costumes qui sont récents et non pas des habits de l’époque de Shakeaspeare (XVII siècle) Ariane Mnouchkine a modernisé la pièce et a fait en sorte qu’on se sente plus proche de ce qui se passe sur scène.

Conclusion

Même si je n’ai pas fait d’axe sur l’univers sonore, je tenais à en parler un minimum dans la conclusion, car je trouve que c’est un atout de ce spectacle, que je trouve pour ma part très réussi, et que je recommande de tous cœur.

J’ai trouvé particulièrement sympathique de pouvoir voir la personne jouer a haut à droite de la scène. Je n’avais pas vu cela auparavant et ça m’a pas déplu.

Cette musique je l’ai trouvé essentielle et indispensable pour cette mise en scène, car elle accompagnait et faisait ressortir les actions des acteurs. Elle s’accélérait et s’amplifiait quand ils agissaient où avaient des pensées néfastes.

C’est une pièce d’un très grand auteur, mis en scène et modernisé dans un grand théâtre, je ne vois donc aucune excuse pour ne pas aller la voir.

Je ne crois pas pouvoir énumérer ne serais-ce qu’une critique, car en dépit de tout c’est un énorme travail de la part d’Ariane Mnouchkine et de tous ceux qui ont participé à la réalisation de ce spectacle, des comédiens, musiciens, on s’en rend bien compte.

L’idée de moderniser la pièce est excellente, je trouve qu’ainsi on peut la situer dans notre temps, et la ramener a des situations que nous connaissons et donc en tirer une leçon, une morale. Car enfin l’avidité et la soif de pouvoir n’ont pas disparu.

Dans cette pièce et même après son visionnage, on ne cesse de se demander comment se fait-il que Macbeth, qui avait pourtant tout pour être heureux – la reconnaissance du roi, une femme aimante, un titre, un château, sombre ainsi à ne plus pouvoir faire un retour en arrière rien que par sa seul soif de pouvoir et son ambition démesurée. A force de questionnement on finis toujours par se dire qu’il y a bien un coupable a cette chute, qui en est à l’origine. Sa femme? Les sorcières? Ou es-ce tout simplement un mauvais enchaînement d’événements – la rencontre avec les sorcières, la lettre a sa femme… Finalement on ne cesse de se poser ces questions qui nous mènent à nulle part et ne nous laisse pas l’esprit tranquille. On en reviens à nous et au monde d’aujourd’hui avec la terrible conclusion suivante : a tout moment, même si nous sommes au top, nous pouvons retomber, et gare à ceux qui veulent tout précipiter, aux influençables, aux trop ambitieux.

Je finirai par cette morale : Quand on veux tout avoir on finis par tout perdre.

La Cartoucherie.
La Cartoucherie.
L'entrée du théâtre.
L’entrée du théâtre.
On apprécie grandement cette salle refaite spécialement pour cette pièce.
On apprécie grandement cette salle refaite spécialement pour cette pièce.
La musique est jouée en direct.
La musique est jouée en direct.
La musicienne.
La musicienne.
On peut se restaurer sur place, c'est très sympathique et la nourriture est liée au thème.
On peut se restaurer sur place, c’est très sympathique et la nourriture est liée au thème.

 

 

C'est par ce rideau transparent qu'on peut voir les coulisses.
C’est par ce rideau transparent qu’on peut voir les coulisses.
C'est vraiment extraordinaire de pouvoir observer les acteurs se préparer à l'entracte.
C’est vraiment extraordinaire de pouvoir observer les acteurs se préparer à l’entracte.

~Je tiens à préciser que toutes les photographies ont été prises par mes soins. Je m’excuse pour la qualité qui n’est pas des meilleures, car elles ont été faites avec mon téléphone.~


Cartoucherie – Théâtre du Soleil Paris | du 23 avril 2014 au 31 janvier 2015 | Durée : 4 heures entracte inclus

Le site du théâtre : http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/index.php

ATTENTION ! Dépêchez vous de réserver, car il reste très peu de représentations.

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